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vendredi 27 février 2026

Visiter la chapelle du Saint Sépulcre

 Chapelle du Saint Sépulcre, propriété de l'Archiconfrérie des Pénitents Bleus de Nice. 
Construite par l'architecte Antonio Spinelli en 1782-83.
Classée MH.
1. Retable du maître-autel. 

Tableau de Louis-Abraham VAN LOO (1653-1712). L'œuvre date de 1706, elle représente l'Assomption de la Vierge Marie qui s'élève dans le ciel sous le regard des apôtres. En bas de la toile les armoiries du prieur Latil. Le tableau a été transféré depuis l'ancienne chapelle des pénitents bleus qui se trouvait dans le quartier de l'actuel palais de justice. 

De part et d'autre de la toile on trouve les statues de St Pierre et de St Paul dans un dispositif typique de l'époque baroque qui met en valeur ces deux saints qui sont les "colonnes de l'Eglise romaine".

2. Maître-autel

Dans le maître-autel conçu de manière à représenter le tombeau du Christ (le "saint Sépulcre") se trouve un gisant entièrement articulé qui date du XVIIème siècle. La statue repose sur un brancard de procession baroque qui autrefois défilait dans le Vieux-Nice pour la procession du Christ-Mort au soir du Jeudi Saint.

3. Autel de la Sainte-Croix

La confrérie des pénitents bleus a été fondée dans le couvent de la Ste Croix des Franciscains de Nice. Le couvent a été détruit lors du Siège de 1543, cet autel conserve la mémoire de cet établissement.

Tableau de 1787. Croix de procession de la fin du XIXème siècle décorée de marqueteries niçoises. Sur l'autel une aumônière en marbre de la fin du XVème siècle qui représente le Christ des douleurs surgissant de son sépulcre et présentant ses plaies, image typique de la spiritualité de la fin du Moyen-Age: dès les origines de la confrérie cette aumônière permettait de recueillir les dons des fidèles pour financer les œuvres sociales des pénitents bleus.

A gauche de l'autel une chaire a prêcher de la fin du XVIIIème siècle.

4. Autel de l'Assomption

La confrérie des pénitents bleus a été chargée par la Ville de Nice de perpétuer le culte à la Madone du Sincaïre en faisant mémoire de la protection accordée par la Vierge lors du siège de 1543, cet autel perpétue cet engagement.

Dans la niche un groupe processionnel fabriqué à Turin en 1851 et offert à la cité de Nice par le duc de Savoie en 1852. C'est cette statue qui défilait dans le Vieux-Nice chaque 15 août pour la procession de l'Assomption.

Sur l'autel une plaque en ardoise de 1602 qui relate le vœu formulé par les consuls de Nice pour remercier la Vierge de sa protection à l'occasion du Siège de 1543. Le texte en latin raconte l'évènement au cours duquel les Turcs et les Français ont attaqué la ville de Nice mais n'ont pas réussi à la prendre.

A droite de l'autel la croix (début du XIXème siècle) des processions municipales avec les armoiries de la Ville de Nice et le chiffre de la confrérie "SSS". Le travail d'orfèvrerie a été réalisé à Turin dans l'atelier de l'orfèvre royal BALDUINO.

5. Chapelle des reliques

Dans cet espace (ne se visite pas) sont conservées les reliquaires de la confrérie et les objets qui proviennent de l'ancienne chapelle municipale de Notre-Dame du Sincaïre confiés à la garde des pénitents bleus en 1782 lorsque la chapelle primitive et le bastion ont été rasés pour ouvrir la place Garibaldi. Les objets d'orfèvrerie de l'ancienne chapelle du Sincaïre ont été volés ici lors d'un retentissant cambriolage dans les années 1890. 

La pièce la plus célèbre est la statue miraculeuse de Notre-Dame du Sincaïre (XVIème siècle) qui est visible à travers la baie au-dessus de la croix de procession. Cette statue, que les Niçois appellent la Madone du Secours, fait l'objet d'une dévotion populaire importante. Il est d'usage d'offrir à la madone du Sincaïre une "pichina corona" (un chapelet) en ex-voto pour une grâce accordée.

6. Les coupoles

Le décors peint de la chapelle est l'œuvre du peintre niçois Emmanuel COSTA (1833-1921). Dans les années 1880-90 la chapelle a été entièrement réaménagée et sa décoration est confiée à Costa qui travaillait ordinairement pour les palais et les hôtels de la Belle-Epoque. Il réalise ici un pastiche baroquisant typique de la période qui donne à la chapelle des pénitents bleus une place particulière dans l'histoire de l'art religieux à Nice.

La première coupole représente l'Assomption de la Vierge Marie qui s'élève au milieu des anges et des roses. La seconde représente la Croix Glorieuse entourée de guirlandes de fleurs qui est exposée depuis le ciel par les anges. 

7. Stalles et banca des prieurs

Les 10 stalles rappellent les 10 membres fondateurs de la confrérie issus de familles de la noblesse locale en 1431 sous l'égide de la famille Grimaldi de Beuil. Au centre le banc (ou banca en Niçois) des prieurs où siège le Conseil de la confrérie est en fait l'ancienne banca communale du palais municipal où siégeaient les consuls sous l'Ancien Régime. Au sommet se trouvent les armoiries de la Ville de Nice.

De part et d'autre de la banca, sur les murs, une série de 6 toiles réalisées au début du XVIIIème siècle par différents artistes locaux et qui représentent les apparitions du Christ après sa résurrection (cycle du temps pascal).

A la tribune un orgue de Valloncini (facteur d'orgues niçois, membre de la confrérie des pénitents bleus) de 1870 en attente de restauration. Suspendu au dessus de la banca depuis la tribune se trouve un battoir à linge (una massola) frappée de plusieurs sceaux qui est réputé être celui avec lequel Catarina Segurana a chassé les Turcs en 1543.

A droite une statue du XVIème siècle de St Sébastien qui provient de la chapelle Saint-Sébastien qui flanquait autrefois la Porte Pairolière (entrée principale dans les fortifications de Nice). Un vœu de la municipalité à la fin du XVIème siècle a fait de St Sébastien le protecteur de la Ville de Nice.

8. Le balcon des Savoie

Le grand balcon de la chapelle donne une perspective exceptionnelle sur la place et l'avenue de la République (ancienne avenue de Turin) qui était l'axe principal d'entrée dans la Ville de Nice jusqu'en 1870. Cette route était l'ancienne route royale ou route du sel qui reliait Nice à Turin.

Le balcon marqué du chiffre de Victor Amédée III (souverain au moment de la fondation de la chapelle) et de la couronne royale était la tribune de parade des Savoie pour la Ville de Nice, il a été réaménagé en 1859.

9. Sacristie

Au dessus de la porte de la sacristie un tableau du XVIIème siècle représente St Nicolas de Tolentino (patron secondaire de la Ville de Nice) recevant du pain des mains de la Vierge. 

Dans la sacriste une statue de ND du Mont-Carmel entièrement faite en cire avec un vêtement en soie brodée. Les croix de procession de la confrérie, l'une d'elles porte le chiffre "SSS" et un Christ surgissant du tombeau. Une série de copies de tableaux d'Emmanuel COSTA déposés par le Musée Masséna pour comparer l'œuvre de chevalet du peintre à son œuvre murale.

samedi 9 août 2025

Ouverture exceptionnelle de la chapelle le 14 août

 Afin de permettre aux Niçois de venir présenter leur hommage à la Madone du Sincaïre selon l’antique tradition, la chapelle du Saint-Sepulcre, place Garibaldi, sera ouverte au public le jeudi 14 août de 14h à 18h.





mercredi 6 avril 2022

RAMEAUX 2022

9 et 10 AVRIL    ///  PLACE GARIBALDI   ///   VENTE DE PALMES TRADITIONNELLES AU PROFIT DES OEUVRES DES PENITENTS BLEUS ET DES SCOUTS DE FRANCE

 

Les travaux de la chapelle n'étant pas terminés il n'y aura pas de messe des Rameaux chez les pénitents bleus de Nice. En revanche vous pouvez acheter vos palmes sur notre stand de la place Garibaldi Samedi de 10h à 18h et dimanche de 9h à 14h. MERCI


mardi 5 avril 2022

Installation d'Orestine et des cloches restaurées

 

 Aujourd'hui la nouvelle cloche de notre chapelle, Orestine, a été installée dans le clocher surplombant la place Garibaldi. Les autres cloches dont les contrepoids et les fixations ont été intégralement refaits ont aussi pris place dans le clocher restauré grâce aux fonds de la Sammartin kulturstiftung de Vaduz au Liechtenstein qui a financé l'intégralité de ces travaux.


Discours prononcé à l'occasion de la bénédiction d'Orestine par monsieur le Professeur Jean-Lucien Bonillo représentant madame Anita LATERNSER de la SAMMARTIN KULTURSTIFTUNG de Vaduz au Liechtenstein

Cher Monseigneur,

Cher Monsieur le Prieur,

Cher M. Brault, cher M. Mari, à vous tous les présents,

tout d'abord je tiens à m'excuser très sincèrement de ne pas être présente à cette exaltante cérémonie. J'ai trouvé un excellent représentant en la personne de M. Jean-Lucien Bonillo, professeur émérite à l'ENSA de MArseille et je l'en remercie.

C’est au début de l’année 2021 que j’ai reçu la demande de soutien pour le financement de la fonte de la cloche et de la restauration du clocher de la chapelle du Saint-Sépulcre. J’ai tout de suite été très enthousiasmée par ce projet. Toutefois si la demande de soutien a été accordée c’est aussi parce que le projet correspondait complètement aux objectifs de la SAMMARTIN kulturstiftung.

 SAMMARTIN, fondée en 2006, est une fondation charitable domiciliée au Liechtenstein et représentée par Monsieur Stéphan Kaufmann et moi-même en tant que membre du conseil.

 Son but est de sauvegarder les biens culturels européens. En particulier en soutenant la restauration ou la reconstruction d’édifices ou d’ensembles de bâtiments mais aussi de sculptures, de jardins, d’ouvrages etc. de valeur historique. 

Envoyant les photos de la nouvelle cloche que Monsieur Mari m’a gentiment envoyées, j’ai été enthousiasmée par l’excellence du travail réalisé. Je suis très heureuse que SAMMARTIN ait pu contribuer à ce beau résultat. 

 Dans ce contexte, je tiens également à remercier Madame Katia Imbernon et Monsieur Maximilien Marxer sans qui je n’aurais pas été informée de ce projet formidable.

 Je vous souhaite à tous une merveilleuse journée avec une cérémonie dont vous vous souviendrez longtemps j’en suis sûre. 

 Et je souhaite aussi beaucoup de joie aux futurs visiteurs de la chapelle du Saint-Sépulcre parée de sa nouvelle cloche. 

 Salutations chaleureuses du Liechtenstein à Nice.

 Anita LATERNSER 

 


 

vendredi 1 avril 2022

Le bronze dont on fait les canons...

 Discours du prieur Sébastien Richard à l'occasion de la bénédiction de la nouvelle cloche de la chapelle des pénitents bleus le 26 mars 2022.

 

Le bronze dont on fait les canons,

On en a fait un instrument de musique.

Le bronze qui crache le feu et la désolation,

On en a fait une voix qui appelle la bénédiction divine.

 

 EN MEMÒRIA DÓU PRÌOU OURESTE GALIANO MI SOUÒNI OURESTINA.

 CANTI MEI PENITENT BLU LA MADONA VITOURIOUA E LOU SINCAIRE GLORIOUS. 

MAIRE DÓU SECOURS GARDAS LU NISSART.

 CAPELA RESTAURADA.  2022.  VOUT ADEMPLIT

 

Il en est des hommes comme du bronze,

Ils peuvent devenir des instruments de guerre ou des armes de paix.

 

Le Seigneur, notre Seigneur, ne règne pas par la fureur des armées,

Il conduit son peuple par l’éclat de sa Parole qui foudroie le cœur des hommes.

 

La cloche que nous allons bénir aujourd’hui

Rejoint les boulets de canons qui sont sur la façade de cette chapelle

pour commémorer une bataille :

Le Siège de 1543, évènement fédérateur de l’identité niçoise.

Plus précisément cette cloche rappelle ce moment où les Niçois,

écrasés par le feu des assiégeants,

Se sont tournés vers le Seigneur et vers sa sainte Mère.

Le 15 août 1543, dans un acte de foi

ils ont mis leurs vies sous la protection de la Madone et furent délivrés.

Merveille qui s'enracine dans la confiance en Dieu.

 

statue de la Madone du Sincaïre
conservée par les pénitents bleus

Cette cloche gardera aussi la mémoire d’un homme,

solide et éclatant comme le bronze.

Oreste Galiano, qui fut le prieur de cette vénérable archiconfrérie,

Avait une âme d’airain.

Une personnalité dont on ne tire ni canon ni statue commémorative.

Un foi solide, une charité intense, une humilité angélique.

Je ne vous dirai pas sa vie, wikipédia vous renseignera,

Je vous dirai son héritage

Car ce qu’il a semé porte encore du fruit

Sa famille qui grandit, sa confrérie qui suit ses traces, sa chapelle qui fait peau neuve.

 

Oreste Galiano
137ème prieur de la Société du St Sépulcre

A chaque fois que cette cloche sonnera,

Elle chantera les louanges de la Madone du Sincaïre.

Elle appellera la protection de la Mère de Dieu sur cette ville

Et elle réveillera Oreste pour qu’il tourne son regard vers nous

Pauvres de nous, qui devons être à la hauteur de l’exemple qu’il nous a laissé.

samedi 26 mars 2022

Orestine, la nouvelle cloche des pénitents bleus




LA NOUVELLE CLOCHE DE LA CHAPELLE DU ST SEPULCRE EST DEDIEE A LA MADONE DU SINCAIRE
Le bastion Sincaïre est un élément des anciennes fortifications de la ville de Nice, une tour composée de cinq côtés (d'où son nom « cinq caire »). Le 15 août 1543, lors du siège de Nice par les Français et les Turcs, une violente bataille a eu lieu sur ce bastion. Les Niçois ont réussi à contenir l'assaut et ont attribué cet exploit à l'intervention de la Vierge Marie. En 1552, pour commémorer l'évènement glorieux, une chapelle en l'honneur de la Vierge est fondée à proximité de ce fort. La même année, les autorités municipales formulèrent un vœu en vertu duquel chaque 15 août « les consuls, le clergé et tout le peuple de Nice » devraient se rendre en cette chapelle Notre-Dame du Sincaïre pour remercier la Vierge du Secours de sa protection bienveillante.

LA NOUVELLE CLOCHE DE LA CHAPELLE DU ST SEPULCRE CELEBRE LA MEMOIRE DU PRIEUR ORESTE GALIANO
Oreste GALIANO qui a été prieur de la Société du Saint Sépulcre de 1989 à 2001, est un homme de foi et de culture qui a marqué la culture populaire niçoise de la seconde moitié du XXème siècle.
Oreste Galiano était une haute figure des traditions et de la langue niçoises il s'est notamment impliqué dans le cadre de la troupe de théatre de Francis Gag et dans la création du groupe folklorique Nice La Belle en 1956.
Son engagement chrétien l'a conduit à militer à la JOC et à
prendre en charge, en 1946, le patronage « l'espérance » de la
paroisse St Martin-St Augustin où il crée un atelier de théatre qui a eu une grande réputation à Nice. Il conduisit de nombreuses actions de culture populaire au service de la jeunesse du Vieux-Nice durant les années 1950-1960 notamment dans le cadre du patronage « la semeuse ».
Devenu prieur des pénitents bleus il entreprend la restructuration de l'oeuvre autour d'un projet de conservation des traditions religieuses niçoises et de réactivation de l'esprit franciscain qui était à la base de la naissance de la confrérie en 1431.




vendredi 26 mars 2021

Rameaux 2021

En raison des travaux à la chapelle des pénitents bleus cette année, il n’y aura pas de célébration pour les rameaux. 
Cependant nous vendrons les palmes tressées dans le vestibule de la chapelle samedi de 10h à 17h et dimanche de 9h à 13h. Le produit de cette vente nous permet de poursuivre nos actions, merci de votre aide.

Sébastien RICHARD
Prieur des pénitents bleus

Pénitents Bleus 
CHAPELLE DU ST SÉPULCRE
Place Garibaldi
NICE


samedi 19 décembre 2020

Avancée du chantier de la chapelle

 Le dimanche 13 décembre dernier le conseil d'administration de la Société du St Sépulcre a pu faire une visite du chantier de restauration sous la conduite de nos confrères Lucien Mari, conservateur et directeur des travaux, et Jean-Paul Faraut chargé de la coordination du chantier.


Nous avons longuement discuté des choix à opérer pour la restauration de la chapelle et qui seront soumis à l'Architecte en Chef des Monuments historiques:

  • Restauration des cadres maçonnés des tableaux
  • Restitution de l'agencement originaux des autels
  • Nettoyage des peintures murales d'Emmanuel Costa
  • Restauration des stalles et des boiseries




Nous avons aussi  évoqué le problème du financement des postes non-prévus au devis originel comme la dorure des anges du choeur, la réfection de la niche de ND de l'Assuntà ou le nettoyage de la banca municipale... La chapelle étant une propriété privée nous devons apporter une part non négligeable de financement malgré le classement comme monument historique, et pour l'instant nous n'avons pas suffisamment de fonds disponibles (tout don est bienvenu!).

Le chantier ayant pris du retard à cause du confinement au printemps dernier, les travaux ne seront pas achevés avant la fin de l'année 2021 (au moins)...

vendredi 15 septembre 2017

journées du patrimoine 2017

A l'occasion des journées du patrimoine

la chapelle du Saint-Sépulcre
sera ouverte au public

le samedi 16 et le dimanche 17 septembre
de 10h à 18h



entrée libre / visites commentées

lundi 14 juillet 2014

Au début de l'été

Comme chaque année les pénitents bleus de Nice et leurs amis se sont retrouvés pour la messe du premier dimanche de juillet dans la chapelle de la place Garibaldi. La célébration était présidée par Mgr Bronislaw Rosiek et elle était suivie d'un vin d'honneur convivial servi sur le balcon des Ducs de Savoie.

Cette année le premier week-end de juillet était aussi l'occasion de la "fête de la place Garibaldi" à laquelle notre confrérie a participé en programmant des visites commentées de la chapelle au cours des journées de samedi et dimanche, et une conférence sur l'histoire de la place Garibaldi par S. Richard le dimanche après-midi.
conférence de Sébastien RICHARD

Visites commentées

Vin d'honneur


mardi 3 septembre 2013

Une lecture des œuvres d’art de la Société du Saint-Sépulcre


Images de Croisade
 au cœur de la place Garibaldi
Une lecture des œuvres d’art de la Société du Saint-Sépulcre

par Sébastien RICHARD*

(article publié dans la revue Nice-Historique, n°1-2, Nice, janv-juin 2013)



*docteur en histoire du Moyen Age,
chargé de cours en histoire de l’Art à l’Université de Nice-Sophia-Antipolis



samedi 24 mars 2012

Inauguration de la place Garibaldi

Aujourd'hui, après de longs mois de travaux, la façade restaurée de notre chapelle se dévoile enfin aux Niçois. Une plaque a été dévoilée à l'occasion de l'inauguration de la place Garibaldi et de notre façade par M. Christian Estrosi, député-maire de Nice, M. Eric Ciotti, président du Conseil général des Alpes-Maritimes et M. Sébastien Richard, prieur des pénitents bleus en présence de nombreux élus, des représentants des confréries niçoises et de quelque 300 personnes. Cette cérémonie a été l'occasion de redécouvrir ce haut-lieu de l'identité et de la mémoire niçoise que sont la place Garibaldi et la chapelle du St Sépulcre. Discours prononcé par M. Sébastien RICHARD, prieur de la Société du Saint-Sépulcre:  
 
Monsieur le député-Maire, Monsieur le Président, Mesdames et messieurs les élus Messieurs le prieurs des archiconfréries niçoises Chers confrères Mesdames et messieurs, 
Nous voilà arrivés à la fin de cette campagne de travaux, aujourd’hui la chapelle des pénitents bleus et la place Garibaldi ont revêtu une douce robe orcre pour le plus grand plaisir de chacun. Vous le savez, cette place qui nous est livrée, rayonnante, n’est pas n’importe quel lieu… Champ de mars médiéval au pied des anciens remparts, âme piémontaise de Nice qui regarde vers l’Italie, lieu des grandes assemblées communales sous le règne des Ducs de Savoie, cette place a été pensée et aménagée au XVIII° s pour être l’entrée monumentale de notre cité alors dépouillée de ses vieilles enceintes. Un espace ouvert et organisé, qui assurait le lien entre la vieille-ville, le port et les campagnes. Point de départ de la grande route royale qui menait à Turin, carrefour donc, entre l’Europe continentale et la Méditerranée. Et surtout cette place était le lieu où s’exprimait le pouvoir de la cité sous le patronage des souverains piémontais. La façade de la chapelle du St Sépulcre, que nous découvrons plus belle que jamais, retrouve sa fonction première : être un manuel d’histoire à l’usage des Niçois. On y redécouvre dans leur fraicheur les nobles pierres de l’ancienne chapelle municipale Notre Dame du Sincaïre qui me feraient évoquer l’histoire de l’autonomie communale de Nice acquise de haute lutte au cours du Moyen Age. Les boulets de canon tirés par la flotte turque sur nos aïeux en 1543 qui parlent de Nice, fer de lance de la croisade et place forte de la chrétienté, ville martyre qui s’est battue jusqu’au bout. La couronne des rois de Jérusalem, apanage de la Maison de Savoie me ferait rappeler que Nice et son comté ont une culture millénaire qui se forme bien avant l’avènement de la notion de « côte d’azur ». Les palmes du martyr de st Sébastien, qui préserva Nice de la peste à deux reprises en 1580 et 1631, évoquent toutes les difficultés et les crises que les Niçois sont parvenus à surmonter à travers les âges grâce à la concorde et à l’unité. On y lit le vœu formulé par les consuls en 1552 qui plaçait Nice sous la protection de la Vierge Marie, ce texte gravé dans la pierre permet de parler des institutions communales et de leurs rituels sous l’Ancien Régime. Et enfin on distingue ce balcon qui servit de tribune de parade à des rois, empereurs et papes lorsque les chemins les menèrent jusqu’à notre chère cité. L’évocation même de ces illustres personnages amène l’idée que Nice est une ville de rencontre et d’histoire. Cette chapelle où siège la vénérable archiconfrérie dont j’ai l’honneur d’être le prieur, est un patrimoine vivant, un legs de nos pères où s’enracine et se ressource notre identité commune - On dit qu’elle est la plus niçoise des églises de notre ville - c’est précisément parce qu’elle n’est pas seulement une église. En effet, elle fait partie de ces lieux établis du temps où la culture s’exprimait dans la foi. Edifice à la fois civique et religieux, la chapelle du saint-sépulcre parle au croyant comme à l’incroyant car le récit qu’elle nous livre est celui d’une cité. Une cité fière dont l’histoire ancestrale forme un roc sur lequel notre avenir commun se construit génération après génération. La résurrection de cette façade n’est que le prélude à une réfection globale du bâtiment qui est d’ores et déjà programmée grâce au soutien de nos élus et des services de l’Etat. Dans cette chapelle les trésors en péril sont nombreux, nous avons la charge de les laisser aux générations futures -nous ne manquerons pas à ce devoir. Bientôt la réfection de la toiture permettra de mettre à l’abri les coupoles décorées par Emmanuel Costa au XIX° siècle et les divers éléments remarquables du mobilier historique. Cette place, longtemps délaissée redevient, grâce à la volonté de nos élus, un lieu splendide de rencontre, de convivialité, d’unité, il convient que notre chapelle redevienne à son tour un espace largement ouvert aux habitants de ce quartier et à tous les Niçois pour que ce haut-lieu reprenne sa juste place de cœur palpitant de la mémoire niçoise. Depuis de nombreuses années les pénitents bleus œuvrent pour la restauration et la mise en valeur de cette chapelle et de son mobilier historique. La chance, ou la providence, a voulu que nos démarches se trouvent redynamisée par la volonté politique de la ville de Nice et du Conseil Général des Alpes-Maritimes d’engager notre cité dans une démarche de renouvellement urbain ambitieux. Alors M. le député-maire Christian Estrosi, M. le président Eric Ciotti, c’est d’abord à vous et à vos services que j’adresse toute ma reconnaissance car dans tous vos actes vous avez exprimé à quel point vous considériez cette vieille chapelle comme un élément essentiel de notre patrimoine historique. Vous avez à cœur de faire de notre cité et de notre département un territoire dynamique où il fait bon vivre, un espace attaché à son histoire et tourné vers le futur, alors pour cette place et pour tout le reste je vous adresse nos remerciements unanimes. Le récit d’une restauration c’est aussi une histoire d’hommes et de femmes passionnés qui portent au quotidien le souci des dossiers et le suivi des démarches et des travaux. Il faut rendre hommage ici à M. Antoine Grisi et M. Claude Verrier Du S.D.A.P qui ont poussé ma confrérie à engager les démarches nécessaires pour que la restauration de la façade de la chapelle intègre le projet global de réfection de la place Garibaldi. Il convient aussi de remercier vivement les services de la DRAC d’Aix-en-Provence représentés par M. Robert Jourdan et Mme Delphine Lecouvreur qui ont eu à cœur de regarder avec bienveillance ce patrimoine classé Monument Historique. Je salue aussi le travail de M. Pierre-Antoine Gattier, architecte en chef des Monuments Historiques pour le formidable travail de restauration réalisé ici. Je serai un bien mauvais prieur si j’oubliais de remercier tous mes confrères pénitents qui ont apporté leur contribution à cette aventure, en particulier le premier d’entre-nous, M. Lucien Mari, travailleur acharné, qui a suivi tous les dossiers au nom de la Société du St Sépulcre. Je sais que la source de son dynamisme, de sa ténacité, de sa confiance, provient d’une promesse qu’il avait faite à un Grand Niçois, notre défunt prieur Oreste Galiano, et je me permets de lui rappeler la parole prophétique qu’il nous adressait avant de retourner à Dieu : « ma chapelle est belle parce que je l’aime ». Donc parce que tu l’aimes, cher Lucien, elle est de plus en plus belle. Pour conclure je dirais que grâce à l’action de chacun d’entre vous cette magnifique place nous apparait aujourd’hui comme l’icône de notre cité et de notre nation : Un espace de rencontre et d’échange au carrefour de l’Europe et de la Méditerranée, qui envisage l’avenir en prenant fièrement appui sur son histoire et sur son héritage spirituel et culturel.
 

samedi 12 décembre 2009

Une découverte importante pour l'histoire des Pénitents Bleus

Comme tous les Niçois le savent, le Siège franco-turc de 1543 est un évènement douloureux mais fondateur pour notre cité. La ville de Nice, durement assiégée à la fois par la mer et par la terre a résisté héroïquement aux assauts des Turcs alliés aux Français.

Cette résistance extraordinaire a été attribuée à l’intervention de la Vierge Marie dans une construction du récit marquée par l’esprit et l’idéal de la croisade : Nice, bastion de la chrétienté, inflige une première défaite aux infidèles qui seront définitivement battus à la bataille de Lépante en 1571.

Pendant ce siège, la Vierge elle-même serait apparue sur le bastion de Sincaïre le 15 août 1543 au plus fort de la bataille. Les assaillants lèvent finalement le siège le 8 septembre, jour où on célèbre la Nativité de la Vierge. Beaucoup d’histoires ont été greffées sur ce récit, par exemple on aurait vu la Vierge apparaitre miraculeusement et protéger les Niçois en recueillant dans les plis de son manteau les boulets de canon tirés par les Turcs. L'histoire se charge encore d'extraordinaire avec l’intervention de Catherine Ségurane, la mythique héroïne niçoise qui,

dans certains récits, se substitue même à la Vierge Marie… Mais le propos n’est pas ici de faire l’exégèse des récits de cette bataille.

La chapelle du St Sépulcre est l’héritière de l’antique chapelle Notre Dame du Sincaïre bâtie par la commune de Nice en 1552 pour commémorer l’intervention miraculeuse de la Vierge neuf ans plus tôt, honorant ainsi un voeu qui avait été formulé par les consuls. La statue de la Madone de Sincaïre et la plaque de consécration de l'ancienne chapelle se trouvent toujours en bonne place dans la chapelle des pénitents bleus.

Ces quelques rappels étaient nécessaires pour saisir l’importance de la découverte que nous vous rapportons.

Dans le village de La Brigue au coeur des montagnes du haut pays niçois, un petit oratoire sur une rue. Dans cet oratoire, un petit cadre de bois avec une gravure de la Vierge de l’Assomption en assez mauvais état.

En regardant de plus près plusieurs détails attirent notre attention : la Vierge ressemble beaucoup au groupe processionnel de la chapelle des pénitents bleus, sous l’image se trouvent les armoiries de la ville de Nice, et en arrière plan on distingue la place Garibaldi et la chapelle du St Sépulcre au centre.

On prend une chaise pour accéder à l’oratoire et on découvre que la gravure en question est sans aucun conteste une pièce d’histoire de notre confrérie d’autant plus précieuse qu’elle n’est pas présente dans nos propres archives.

A La Brigue personne ne se doute du lien entre cette image et la chapelle des pénitents bleus, ni le propriétaire ni les passants qui la voient au quotidien. Pour le propriétaire, l’image était là quand il a acheté la maison, il l’a laissée. Il a pu constater qu’elle se dégradait de plus en plus, mais il n’imaginait pas qu’elle puisse avoir de la valeur. Pour les passants l’image était tellement dégradée qu’ils ne distinguaient plus vraiment ce qu’elle représentait.

La structure de cette Assomption correspond parfaitement au groupe processionnel des pénitents bleus qui lui a probablement servi de modèle. Sous l’image, en plus des armoiries de Nice, se trouvent trois phrases : « MARIA ASSUNTA IN CIELO », « Speciale patrona di Nizza » et « Voto pubblico del 1852 ». Ces indications nous donnent plusieurs éléments précieux, en particulier la date de 1852, la gravure datant vraisemblablement de cette époque.

La Vierge s’élève dans le ciel au dessus de la place Garibaldi qui ne portait pas encore ce nom et dont on découvre l’état au moment de la réalisation de la gravure. En arrière-plan la colline du château avec les ruines de la forteresse d’une part, le quai St Sébastien avec de grands arbres d'autre part, et la coupole de la cathédrale au loin. Cette image est d’abord un témoignage du XIX° siècle concernant l’urbanisme de cette partie de Nice.

Maintenant proposons une hypothèse concernant l’origine de cette image.

Notons d’abord que la date de 1852 correspond au tricentenaire du vœu des consuls de Nice en hommage à la Vierge du Sincaïre. La présence des armoiries de la ville de Nice (et non pas les armoiries de la confrérie des pénitents bleus) suppose que cette image est une commande des autorités communales elles-mêmes. Les mentions écrites évoquent évidemment un renouvellement du vœu qui place Marie comme « patronne spéciale de Nice ». Il faudrait maintenant vérifier dans les sources écrites pour trouver trace d’une cérémonie de renouvellement du vœu municipal à la Madone de Sincaïre en 1852, et préciser ainsi le contexte d’édition de cette image. Il convient aussi de vérifier si des images identiques se trouvent dans les fonds d’archives de Nice.

On sait que le groupe processionnel de l’Assomption qui se trouve dans la chapelle du St Sépulcre date vraisemblablement du XIX° siècle. On sait aussi qu’il n’y a pas trace du paiement de cette œuvre dans les archives comptables de la confrérie. On peut donc imaginer que cette statue a probablement été payée par la Ville de Nice pour commémorer le tricentenaire du vœu de 1552. L’image que nous avons trouvée doit avoir été imprimée pour garder trace d’une célébration au cours de laquelle la statue représentée ici a été exposée au public, placée dans la chapelle des pénitents bleus et évidemment bénie. Encore une fois il s’agit désormais d’étayer tout cela par une recherche dans les archives.

La première fois que nous avons pu repérer cette gravure à La Brigue et cerner son importance remonte au mois de novembre 2001. Durant 7 ans nous avons suivi l’évolution de l’état de ce document. Convaincus que l’humidité et le gel menaçaient l’intégrité de l’image (des dégradations évidentes sont apparues), nous avons expliqué au propriétaire de l’oratoire son importance aux yeux des pénitents bleus. M. Michel Ivaldi nous a alors offert le document en nous demandant de le mettre à l’abri dans nos archives. En contrepartie, et pour ne pas laisser l’oratoire « inhabité », nous lui avons offert une grande image de St Antoine de Padoue que nous possédions et qui correspondait parfaitement aux proportions de la niche. Les passants sont ravis de découvrir la nouvelle image car l’ancienne, très abîmée, n’était plus visible. Un jour nous pourrons probablement placer une copie de la gravure dans l’oratoire pour perpétuer le culte inattendu rendu à la Vierge du Sincaïre dans ce village.

Aujourd’hui la gravure est sauvée, il s’agit maintenant de la faire restaurer et de mener les recherches historiques nécessaires pour établir les circonstances exactes de sa réalisation.

Les pénitents bleus remercient Michel Ivaldi pour sa générosité. Il convient aussi de remercier la personne, dont nous ne savons pas le nom, qui a déposé cette gravure dans l’oratoire et l’a ainsi léguée à l’histoire.

Sébastien RICHARD

Prieur de la Société du St Sépulcre

Docteur en histoire

mercredi 6 mai 2009

La façade de la chapelle


La façade de la chapelle du St Sépulcre se répartit en trois registres. Au niveau des arcades qui entourent la place Garibaldi la chapelle (qui se trouve au 1er étage) repose sur trois impo
sants piliers en saillie par rapport à l’alignement général. On peut voir sur ces piliers des pierres de taille apparentes qui sont des vestiges de l’ancienne chapelle ND du Sincaïre réemployés dans cet édifice. Au sommet de chaque arcade, au centre, trois boulets de canons qui avaient été tirés par la flotte turque lors du siège de 1543. Ces éléments rappellent que la chapelle du St Sépulcre a été bâtie à cet emplacement en 1783 en remplacement de l'antique sanctuaire Notre Dame du Sincaïre, une chapelle dédiée à la Vierge Marie à qui les Niçois attribuait la résistance héroïque des Niçois face aux Turcs en 1543.

Le second registre présente un balcon de calcaire blanc dont le garde-corps en fer forgé porte en son centre la couronne royale des ducs de Savoie (souverains de Nice jusqu’en 1860 et prieurs d’honneur de la Société du St Sépulcre) surmontant le chiffre de Victor Emmanuel. Ce balcon, en effet, a été réalisé par les souverains dans les années1850 et leur servait de tribune publique lorsqu’ils venaient à Nice.Trois grandes ouvertures sont séparées par des pilastres d’ordre corinthien soutenant le fronton triangulaire qui constitue le troisième registre. Au centre du fronton se trouvait autrefois la dédicace de la chapelle à Notre Dame de l’Assomption (aujourd’hui effacée). De part et d’autre des pots de feu forment un décors de type baroque sur une façade largement inspirée du néo-clacissisme turinois. La croix qui domine le fronton associe le symbole des étoiles qui renvoie à la sainte Vierge, et les palmes du martyr qui rappellent que St Sébastien, protecteur de la cité de Nice, est vénéré dans ce bâtiment.

En arrière plan, le clocher de forme triangulaire spécifique aux lieux de culte des confréries de pénitents.

La porte de la chapelle est encadrée par deux éléments liés à l’histoire de la confrérie et de sa chapelle.
A droite la plaque de consécration de la chapelle ND du Sincaïre qui relate les évènements du siège de 1543 et la vœu formulé par les autorités municipales qui placèrent la cité sous la protection de la Vierge.
A gauche une aumônière de marbre du début du XVI° siècle. Cet objet représente le Christ des Douleurs qui surgit du tombeau. Le tombeau taillé en creux permettait de recevoir les offrandes pour le Saint Sépulcre de Jérusalem en lien avec une des premières missions de la Société du Saint Sépulcre: soutenir financièrement l'oeuvre de la Custodie de Terre Sainte. Cette aumônière se trouvait à l'origine dans la chapelle de la confrérie au sein du couvent de la Ste Croix (des Franciscains de l'Observance). Lorsque les pénitents bleus reçurent la gestion l’hospice St Lazare pour les lépreux (géré par les pénitents bleus jusqu’au XVIII° siècle), cette pièce a été transférée à l'entrée de celui-ci puis elle a suivi la pérégrination de la confrérie dans ses chapelles successives.

Sébastien RICHARD

docteur en histoire

prieur de la Société du St Sépulcre

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OUVERTURE DE LA CHAPELLE AU PUBLIC


POUR VISITER NOTRE CHAPELLE:
La chapelle du St Sépulcre
(place Garibaldi - NICE (06300) - FRANCE)
propriété de la Société du St Sépulcre depuis sa construction en 1782, est accessible au public
Pour les groupes: visites commentées sur réservation au 06 35 32 26 44

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