Depuis le début du mois de mai la situation des communautés chrétiennes du Sud Liban ne cesse de se détériorer à cause des opérations de l’armée israélienne visant le Hezbollah. De 200 000 déplacés il y a un mois, on arrive aujourd’hui à 1 300 000 personnes qui sont contraintes de se réfugier dans le nord du pays, une situation inquiétante qui oblige les Pénitents Bleus de Nice à relayer l’appel de la Custodie de Terre Sainte.
Dans les 600 kilomètres carrés occupés par Israël au sud du pays, 68 villages sont sous contrôle militaire et plus de 200 000 personnes ont été déplacées. La guerre a fait près de trois mille morts. Les évêques maronites exhortent le Liban à la souveraineté et à la neutralité, tandis que la population aspire simplement à vivre dans la dignité.
L’association humanitaire Pro Terra Sancta lance un appel aux dons face à une situation catastrophique:
Au sud du Liban, il y a la fameuse « ligne jaune » (yellow line), une frontière en forme de L inversé contrôlée physiquement par des militaires israéliens qui ont pénétré d'environ 15 kilomètres à l'intérieur du pays, se rapprochant dangereusement du fleuve Litani. L'intensification des bombardements dans cette zone a rasé des quartiers entiers et provoqué, au cours des deux seuls derniers mois, plus de 1 300 000 déplacés. Pour donner une idée : nous parlons d'un million trois cent mille personnes qui se déplacent sur un territoire à peine plus grand que la région italienne des Marches, pour une population totale de seulement 5 millions d'habitants. C'est une proportion effrayante.
Cette marée humaine a fui le sud et a littéralement envahi Beyrouth, poussant même jusqu'au nord du pays. Aujourd'hui, les réfugiés se trouvent partout dans la ville : des zones de conflit comme le quartier de Dahieh jusqu'à la Corniche, la promenade du bord de mer qui est habituellement la zone la plus riche et la plus élégante. Les rues et les grands parkings sont désormais remplis de tentes. Mais le problème dramatique est que les jours ont passé, et vivre sous une tente sur l'asphalte n'est plus tenuable. Des questions se posent : où sont les sanitaires ? Où se lave-t-on ? Où se change-t-on ? Nous sommes face à une urgence sanitaire majeure. (…)
L'aspect le plus dramatique de la crise actuelle réside dans la certitude grandissante que le Sud du Liban restera inaccessible pendant longtemps : on parle d'un ou deux ans, voire plus. Si à l'automne 2024, face à une crise similaire, la population espérait encore un cessez-le-feu imminent permettant le retour à la maison, cette espérance s'est aujourd'hui évanouie.
Nous voilà donc confrontés à une nouvelle question qui interpelle directement le gouvernement et l'ensemble de la communauté internationale : quel sera l'avenir d'un million trois cent mille déplacés? Où iront-ils, et comment réorganiser de l'intérieur un pays dont toute una région risque de rester inhabitable pendant des années?
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