vendredi 8 mai 2009

Un Pénitent Bleu reconnu "Témoin du Christ" par l'Eglise de Nice


L’Eglise de Nice est en synode. Dans le cadre de la réflexion qui anime notre diocèse à cette occasion, notre évêque a souhaité mettre en exergue l'exemple de quelques personnes qui ont rendu un témoignage particulier au Seigneur par leur action : « dès les premiers siècles de l’histoire du christianisme, des saints sont venus porter la Bonne Nouvelle et la faire fructifier dans cette terre du midi de la France (…) plus proches de nous et tout récemment, des hommes, des femmes, des enfants, des jeunes et des adultes, dans toutes sortes de circonstances et selon des vocations diverses, ont rencontré le Christ et ont traduit au jour le jour cette rencontre d’amour. (…) Je souhaite que chacun d’entre nous puise dans ces témoignages une force nouvelle pour prendre le relais (…) » [Mgr Louis Sankalé, introduction au document Témoins du Christ dans les Alpes Maritimes].

La confrérie des pénitents bleus de Nice est fière et honorée d'annoncer que leur regretté prieur Oreste Galiano a été retenu au rang de ces "témoins du Christ dans les Alpes Maritimes". Parmi les amis de la confrérie certains se souviendront sûrement de ce petit bonhomme à la moustache impeccable qui a été prieur de la Société du Saint Sépulcre de 1989 jusqu’à sa mort en 2001. Une biographie d'Oreste Galiano, basée sur le recueil de témoignages de personnes l'ayant connu, a donc été jointe au livret publié par le secrétariat du synode.

Ce texte nous rappelle les différents engagements tenus par cet homme remarquable au nom de sa foi en Jésus Christ. Militant à la JOC dans sa jeunesse, on découvre qu’il a œuvré dans les quartiers populaires de Nice pour soulager les familles les plus pauvres, il a aussi été un animateur de jeunesse dans le cadre des patronages paroissiaux. Pendant la Guerre d’Algérie il a apporté son soutien aux familles de soldats. Plus tard il organise de nombreux pèlerinages dans les hauts-lieux spirituels de France et en Terre Sainte. Devenu prieur des pénitents bleus il a reconstruit avec amour et patience une confrérie en passe de s’éteindre tout en s’engageant pour les SDF…

L'exemple d'Oreste Galiano est, pour tous les pénitents, un chemin de vie et d'espérance. Il montre à qui en doute que nos confréries ne sont pas seulement des groupes folkloriques aux pratiques désuètes et spectaculaires, mais qu’elles peuvent être des pépinières de grandes âmes, des écoles de sainteté pour ceux qui savent conjuguer prière, charité et humilité.

Quelques extraits du document Témoins du Christ dans les Alpes Maritimes:

« Déjà, jeune travailleur, connaissant quelques familles d’ouvriers pauvres, il leur confectionnait pour Noël un copieux panier de victuailles pour qu’elles puissent faire un vrai repas de fête. Ces repas qu’il offrait étaient souvent plus copieux que ce qu’il se réservait; mais son bonheur, dans la nuit de Noël, était de savoir que des gens dans le besoin étaient heureux.

Sa fille se souvient qu’en raccompagnant sa mère chez elle le soir des funérailles de son père, il y avait devant la maison cinq ou six SDF. L’un d’eux s’est approché de sa mère pour lui dire: « Madame Oreste, on n’est pas venus à la messe parce qu’on est trop sales mais on voulait vous dire merci pour ce que votre mari faisait pour nous. On est vraiment désolés ». Et ils sont partis.

Oreste n’a pas fait de grandes actions mais tout ce qu’il a accompli l’a été dans l’amour et la foi, ce qui donne à sa vie une hauteur admirable. Il confrontait toujours son action au message des Evangiles et trouvait dans la parole de Dieu et les sacrements la force pour agir. L’exemple de saint François, patron de la confrérie des pénitents bleus (la confrérie a été fondée par les franciscains) a été éclairant pour conformer sa vie aux exigences chrétiennes. Rongé par le cancer il a terminé sa vie dans la souffrance. Malgré tout, jusqu’au dernier moment, il a gardé la foi et trouvé la force dans la communion au corps du Seigneur. (…) Le jour de ses funérailles, la cathédrale de Nice était pleine de toutes les personnes qui ont croisé un jour la route d’Oreste, des riches et des pauvres, des puissants célèbres et des humbles anonymes, des chrétiens, des athées et des croyants d’autres religions, tous étaient là pour rendre hommage à un homme hors du commun.
Oreste Galiano demeure un exemple de foi rayonnante, parce que vécue au quotidien, dans chaque petit geste, dans une attention à chacun, dans une diplomatie des petits pas, dans une fraternité authentique et naturelle. »


Aujourd’hui l’archiconfrérie des pénitents bleus entend se nourrir de l’exemple de son prieur pour porter sur le monde un regard miséricordieux. Il actualise et perpétue le témoignage rendu par les saints que nous vénérons dans notre antique chapelle : saint Sébastien, saint François, saint Antoine, saint Bernardin de Sienne et les autres… Nos œuvres de charité n’ont nul besoin d’être éclatantes, budgétisées, ou fonctionnarisées, en revanche le pénitent doit savoir mettre toute sa foi dans le geste simple de la main tendue à ceux qui souffrent. L’exemple d’Oreste nous vivifie et nous accuse en même temps : on se plaint souvent d’avoir perdu les structures charitables qui ont fait les grandes heures de nos confréries, pourtant le chantier de l’amour fraternel n’a besoin que d’ouvriers humbles et volontaires, notre père saint François l’avait annoncé, Oreste nous l’a rappelé.


Frère Sébastien RICHARD
Prieur de la Société du St Sépulcre

PS : Si vous souhaitez recevoir le livret « Témoins du Christ dans les Alpes Maritimes » vous pouvez nous contacter : stsepulcre@gmail.com

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