Tableau de Louis-Abraham VAN LOO (1653-1712). L'œuvre date de 1706, elle représente l'Assomption de la Vierge Marie qui s'élève dans le ciel sous le regard des apôtres. En bas de la toile les armoiries du prieur Latil. Le tableau a été transféré depuis l'ancienne chapelle des pénitents bleus qui se trouvait dans le quartier de l'actuel palais de justice.
De part et d'autre de la toile on trouve les statues de St Pierre et de St Paul dans un dispositif typique de l'époque baroque qui met en valeur ces deux saints qui sont les "colonnes de l'Eglise romaine".
2. Maître-autel
Dans le maître-autel conçu de manière à représenter le tombeau du Christ (le "saint Sépulcre") se trouve un gisant entièrement articulé qui date du XVIIème siècle. La statue repose sur un brancard de procession baroque qui autrefois défilait dans le Vieux-Nice pour la procession du Christ-Mort au soir du Jeudi Saint.
3. Autel de la Sainte-Croix
La confrérie des pénitents bleus a été fondée dans le couvent de la Ste Croix des Franciscains de Nice. Le couvent a été détruit lors du Siège de 1543, cet autel conserve la mémoire de cet établissement.
Tableau de 1787. Croix de procession de la fin du XIXème siècle décorée de marqueteries niçoises. Sur l'autel une aumônière en marbre de la fin du XVème siècle qui représente le Christ des douleurs surgissant de son sépulcre et présentant ses plaies, image typique de la spiritualité de la fin du Moyen-Age: dès les origines de la confrérie cette aumônière permettait de recueillir les dons des fidèles pour financer les œuvres sociales des pénitents bleus.
A gauche de l'autel une chaire a prêcher de la fin du XVIIIème siècle.
4. Autel de l'Assomption
La confrérie des pénitents bleus a été chargée par la Ville de Nice de perpétuer le culte à la Madone du Sincaïre en faisant mémoire de la protection accordée par la Vierge lors du siège de 1543, cet autel perpétue cet engagement.
Dans la niche un groupe processionnel fabriqué à Turin en 1851 et offert à la cité de Nice par le duc de Savoie en 1852. C'est cette statue qui défilait dans le Vieux-Nice chaque 15 août pour la procession de l'Assomption.
Sur l'autel une plaque en ardoise de 1552 qui relate le vœu formulé par les consuls de Nice pour remercier la Vierge de sa protection à l'occasion du Siège de 1543. Le texte en latin raconte l'évènement au cours duquel les Turcs et les Français ont attaqué la ville de Nice mais n'ont pas réussi à la prendre.
A droite de l'autel la croix (début du XIXème siècle) des processions municipales avec les armoiries de la Ville de Nice et le chiffre de la confrérie "SSS". Le travail d'orfèvrerie a été réalisé à Turin dans l'atelier de l'orfèvre royal BALDUINO.
5. Chapelle des reliques
Dans cet espace (ne se visite pas) sont conservées les reliquaires de la confrérie et les objets qui proviennent de l'ancienne chapelle municipale de Notre-Dame du Sincaïre confiés à la garde des pénitents bleus en 1782 lorsque la chapelle primitive et le bastion ont été rasés pour ouvrir la place Garibaldi. Les objets d'orfèvrerie de l'ancienne chapelle du Sincaïre ont été volés ici lors d'un retentissant cambriolage dans les années 1890.
La pièce la plus célèbre est la statue miraculeuse de Notre-Dame du Sincaïre (XVIème siècle) qui est visible à travers la baie au-dessus de la croix de procession. Cette statue, que les Niçois appellent la Madone du Secours, fait l'objet d'une dévotion populaire importante. Il est d'usage d'offrir à la madone du Sincaïre une "pichina corona" (un chapelet) en ex-voto pour une grâce accordée.
6. Les coupoles
Le décors peint de la chapelle est l'œuvre du peintre niçois Emmanuel COSTA (1833-1921). Dans les années 1880-90 la chapelle a été entièrement réaménagée et sa décoration est confiée à Costa qui travaillait ordinairement pour les palais et les hôtels de la Belle-Epoque. Il réalise ici un pastiche baroquisant typique de la période qui donne à la chapelle des pénitents bleus une place particulière dans l'histoire de l'art religieux à Nice.
La première coupole représente l'Assomption de la Verge Marie qui s'élève au milieu des anges et des roses. La seconde représente la Croix Glorieuse entourée de guirlandes de fleurs qui est exposée depuis le ciel par les anges.
7. Stalles et banca des prieurs
Les 10 stalles rappellent les 10 membres fondateurs de la confrérie issus de familles de la noblesse locale en 1431 sous l'égide de la famille Grimaldi de Beuil. Au centre le banc (ou banca en Niçois) des prieurs où siège le Conseil de la confrérie est en fait l'ancienne banca communale du palais municipal où siégeaient les consuls sous l'Ancien Régime. Au sommet se trouvent les armoiries de la Ville de Nice.
De part et d'autre de la banca, sur les murs, une série de 6 toiles réalisées au début du XVIIIème siècle par différents artistes locaux et qui représentent les apparitions du Christ après sa résurrection (cycle du temps pascal).
A la tribune un orgue de Valloncini (facteur d'orgues niçois, membre de la confrérie des pénitents bleus) de 1870 en attente de restauration. Suspendu au dessus de la banca depuis la tribune se trouve un battoir à linge (una massola) frappée de plusieurs sceaux qui est réputé être celui avec lequel Catarina Segurana a chassé les Turcs en 1543.
A droite une statue du XVIème siècle de St Sébastien qui provient de la chapelle Saint-Sébastien qui flanquait autrefois la Porte Pairolière (entrée principale dans les fortifications de Nice). Un vœu de la municipalité à la fin du XVIème siècle a fait de St Sébastien le protecteur de la Ville de Nice.
8. Le balcon des Savoie
Le grand balcon de la chapelle donne une perspective exceptionnelle sur la place et l'avenue de la République (ancienne avenue de Turin) qui était l'axe principal d'entrée dans la Ville de Nice jusqu'en 1870. Cette route était l'ancienne route royale ou route du sel qui reliait Nice à Turin.
Le balcon marqué du chiffre de Victor Amédée III (souverain au moment de la fondation de la chapelle) et de la couronne royale était la tribune de parade des Savoie pour la Ville de Nice, il a été réaménagé en 1859.
9. Sacristie
Au dessus de la porte de la sacristie un tableau du XVIIème siècle représente St Nicolas de Tolentino (patron secondaire de la Ville de Nice) recevant du pain des mains de la Vierge.
Dans la sacriste une statue de ND du Mont-Carmel entièrement faite en cire avec un vêtement en soie brodée. Les croix de procession de la confrérie, l'une d'elles porte le chiffre "SSS" et un Christ surgissant du tombeau. Une série de copies de tableaux d'Emmanuel COSTA déposés par le Musée Masséna pour comparer l'œuvre de chevalet du peintre à son œuvre murale.
