NEUVAINE. JOUR 6
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V/ Dieu, viens à mon aide,
R/ Seigneur, à notre secours.
Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen.
Hymne d’ouverture (Louanges du billet
de St François au frère Léon)
« 1Tu
es le seul saint, Seigneur Dieu,
toi qui fais des merveilles !
2 Tu
es fort, tu es grand,
Tu es le Très-Haut, tu es le roi tout puissant ;
toi, Père saint, roi du ciel et de la terre.
3 Tu
es trois et tu es un, Seigneur Dieu,
tu es le bien, tu es tout bien, tu es le souverain bien,
Seigneur Dieu vivant et vrai.
4 Tu
es amour et charité, tu es sagesse,
tu es humilité, tu es patience,
tu es beauté, tu es douceur,
tu es sécurité, tu es repos,
tu es joie, tu es notre espérance et notre joie,
tu es justice, tu es mesure,
tu es notre richesse et surabondance.
5 Tu
es beauté, tu es douceur,
tu es notre abri, notre gardien et notre défenseur,
tu es la force, tu es la fraîcheur.
6 Tu
es notre espérance,
tu es notre foi,
tu es notre amour,
tu es notre grande douceur,
tu es notre vie éternelle,
grand et admirable Seigneur,
Dieu tout puissant, O bon Sauveur ! »
Prière :
Seigneur Dieu, tu as donné à saint François d’Assise d’être
configuré au Christ pauvre et humble ; accorde-nous la force d’emprunter les
mêmes chemins pour suivre ton Fils et pour vivre unis à toi dans une joyeuse
charité. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur, qui vit et règne avec toi
dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu, pour les siècles des siècles — Amen.
LECTURE
Thomas de Celano, Vita Prima, 1228 (7, 107-108).
Cependant le mal empirait, la faiblesse
augmentait finalement, toutes ses forces l’ayant abandonné, il ne pouvait plus
faire un mouvement. Un frère lui demanda s’il aurait préféré à cette longue et
pénible maladie n’importe quel cruel martyre de la main du bourreau. « Mon
fils, répondit-il, ce qui a été pour moi jusqu’ici et continue encore d’être le
plus doux, le plus cher, le plus agréable, c’est ce qu’il plaît à Dieu de
réaliser en moi et par moi ; de sa volonté la mienne reste toujours
inséparable, et je ne désire qu’une chose : lui obéir en tout point. Quant
au martyre, n’importe lequel me serait plus supportable que trois jours de ces
souffrances. »
(…) La chaleur le quittait peu à peu, il
déclinait chaque jour ; les médecins et les frères admiraient, stupéfaits,
la vitalité de cet esprit dans un corps presque mort, décharné, ne possédant
plus que la peau sur les os.
Il vit arriver son dernier jour, dont une
révélation lui avait d’ailleurs, deux ans plus tôt, indiqué la date ; il
appela les frères, qu’il désirait revoir, et bénit chacun d’eux dans les termes
que lui inspirait le ciel, comme le patriarche Jacob autrefois bénit ses fils,
ou plutôt comme un autre Moïse qui, au moment de gravir la montagne désignée
par le Seigneur, combla de ses bénédictions les enfants d’Israël. Frère Elie
était à sa gauche, les autres frères rangés tout autour ; le bienheureux
croisa les mains et posa la droite sur la tête de frère Elie. Comme il n’y
voyait plus, il demanda : « Sur qui repose ma main droite ? –
Sur frère Elie. – C’est bien ainsi que je l’entends. Je te bénis, mon fils, en
tout ce que tu feras, et puisque le Très-Haut a multiplié mes frères et mes
fils sous ta direction, c’est aussi en toi que je les bénis tous. Que le Dieu
Roi de l’univers te bénisse dans le ciel et sur la terre. Je te bénis autant
que je puis et plus encore que je ne puis ; ce dont je suis incapable, que
l’accomplisse en toi celui qui peut tout. Que Dieu se souvienne de tes travaux
et de tes labeurs et qu’il te réserve ta part d’héritage au jour de la
récompense des justes. Puisses-tu obtenir toujours les faveurs que tu désires
et recevoir ce que tu demandes. Et vous, tous mes fils, vivez et demeurez
toujours dans la crainte de Dieu (…). Pour moi, j’ai hâte d’aller maintenant
vers le Seigneur et j’espère bien rejoindre mon Dieu que j’ai voulu servir de
tout cœur ! »
Il
était alors logé au palais de l’évêque d’Assise : il demanda aux frères de le
transporter bien vite au couvent Sainte-Marie de la Portioncule, car il voulait
rendre son âme à Dieu là même où, comme nous l’avons dit, il prit pour la
première fois conscience du chemin de la vérité.
EVANGILE (Mc, 8.)
31 Jésus
commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre
beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes,
qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite.
32 Jésus disait
cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs
reproches.
33 Mais Jésus
se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre :
« Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu,
mais celles des hommes. »
34 Appelant la
foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu’un veut marcher à
ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.
35 Car celui
qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de
moi et de l’Évangile la sauvera.
36 Quel
avantage, en effet, un homme a-t-il à gagner le monde entier si c’est au prix
de sa vie ?
37 Que
pourrait-il donner en échange de sa vie ?
38 Celui qui a
honte de moi et de mes paroles dans cette génération adultère et pécheresse, le
Fils de l’homme aussi aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son
Père avec les saints anges. »
MEDITATION
C’est le temps du testament. François
confie l’œuvre que le Seigneur a accomplie par lui à ses frères. Il la confie
par l’exemple et par la parole. L’exemple c’est celui d’une vie librement et
pleinement soumise à la volonté de Dieu, jusque dans la souffrance. Quel
exemple pour nous que cette certitude de François : Dieu est présent à nos
côtés dans la souffrance. Dans le malheur, dans toute ma faiblesse il
m’accompagne et me donne la force de me relever pour affronter chaque épreuve.
Les frères de François sont
déconcertés : cet homme de Dieu qui a tout abandonné pour suivre le Christ
paraît pour eux, en ses derniers instants, être un homme oublié du Ciel.
Comment ? Pas de mort glorieuse, pas de guérison miraculeuse, pas d’anges
qui fendent les nues pour le réconforter ? Son corps n’est que souffrance
et pourtant son esprit est plus vivant que jamais et son âme n’est que joie car
il a désormais tout abandonné pour suivre le Christ, il n’a pas refusé la croix
et il a imité son Seigneur jusqu’au bout. Face au monde qui méprise sa
pauvreté, son mode de vie et ses tourments, il a choisi de donner toute sa vie
pour la vérité de l’Evangile et pour son Seigneur. Sois sans crainte
François : le Fils de l’homme n’aura pas honte de toi quand il viendra
dans la gloire de son père avec les anges !
L’abandon total de François à la volonté de
Dieu est extraordinaire, c’est un idéal qu’on vénère mais qu’on craint en même
temps parce que le monde nous lie et nous souffle que c’est chose inaccessible,
inutile et intolérable. Alors François, par l’intermédiaire du frère Elie, nous
invite à suivre ses pas pour vivre en Dieu et nous assure de sa prière et de sa
bénédiction. Il s’adresse à chacun de ceux qui se mettent à son école et nous
bénit à travers le temps : « que le Dieu Roi de l’univers te
bénisse dans le ciel et sur la terre. Je te bénis autant que je puis et plus
encore que je ne puis ; ce dont je suis incapable, que l’accomplisse en
toi celui qui peut tout ».
Seigneur donne-moi de toujours savoir
discerner ta volonté et de l’accepter comme un chemin de vie sûr. Que je sache
vivre de l’Evangile, que je parvienne à surmonter toute épreuve dans la
confiance totale en ton amour. Même dans la souffrance, dans les tourments
donne-moi de toujours trouver en Toi des raisons d’espérer et la force pour
surmonter la désespérance et les assauts du mal.
Introduction au Notre Père (Cantique des créatures de St
François)
« Très
haut, tout puissant et bon Seigneur,
à toi louange, gloire, honneur,
et toute bénédiction ;2 à
toi seul ils conviennent, O Très-Haut, et nul homme n’est digne de te
nommer. »
NOTRE
PERE…
Conclusion au Notre Père (Cantique des créatures de St François)
« Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre sœur la Mort corporelle, à qui
nul homme vivant ne peut échapper. Malheur à ceux qui meurent en péché
mortel ; Heureux ceux qu’elle surprendra faisant ta volonté, car la
seconde mort ne pourra leur nuire.
Louez et bénissez mon Seigneur, rendez-lui grâce et servez-le en toute
humilité ! »
Salutation à la Vierge Marie (écrite par St François)
« 1 Salut, Marie, Dame
sainte, reine, sainte mère de Dieu, vous êtes la Vierge devenue l’Église ;
2 choisie par le très saint
Père du ciel, consacrée par lui comme un temple avec son Fils bien-aimé et
l’Esprit Paraclet ; 3 vous
en qui fut et demeure toute plénitude de grâce et Celui qui est tout bien.
4 Salut, Palais de
Dieu !
Salut, Tabernacle de Dieu !
Salut, Maison de Dieu !
5 Salut, Vêtement de
Dieu !
Salut, Servante de Dieu ! Salut, Mère de Dieu !
6 Et salut à vous toutes,
saintes Vertus, qui, par la grâce et l’illumination de l’Esprit Saint, êtes
versées dans le cœur des fidèles, vous qui, d’infidèles que nous sommes, nous
rendez fidèles à Dieu ! »
ON
RECITE UN JE VOUS SALUE MARIE
Prière :
Accorde-nous, Seigneur, d’imiter la charité de saint François et
son ardeur apostolique, de mépriser les biens de la terre et de nous réjouir à
jamais de partager les dons du ciel. Daigne que nous soyons fortifiés par les
exemples de sa dévotion pour que nous goûtions les fruits de ton amour et les
fassions abonder en vue du salut de tous. Par le Christ, notre Seigneur. —
Amen.
BÉNÉDICTION (bénédiction du billet de St François au frère Léon)
« 1 Que
le Seigneur te bénisse et te garde ; que le Seigneur te découvre sa Face
et te prenne en pitié ! 2 Qu’il tourne vers toi son Visage et te donne la
paix ! »
Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen.
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