Discours prononcé à l'occasion de la présentation des voeux du prieur de la Société du St Sépulcre à l'issue de la messe de Noël le dimanche 5 janvier 2014 en la chapelle du St Sépulcre, place Garibaldi à Nice
Chers confrères, chers amis,
Je vous remercie pour votre
présence à nos côtés ce soir pour ce premier dimanche de la nouvelle année.
2013 a été une année riche en événements
pour notre confrérie. La restauration de la toiture de la chapelle, menée à
terme grâce au travail acharné de notre frère Lucien Mari et des
administrations compétentes, et grâce au concours de nos élus, en premier lieu
M. Christian Estrosi, maire de Nice, et M. Eric Ciotti, président du Conseil
Général (tous deux s’excusent de ne pouvoir se joindre à nous ce soir mais ils
sont ici représentés). Il y a eu aussi l’exposition Il gran teatro dei
Cartelami à Gênes à laquelle nous avons participé, la restauration et le
classement de quelques-unes de nos plus précieuses pièces de mobilier d’art…
Pour notre confrérie qui plonge ses racines dans l’exemple de saint François d’Assise,
la restauration d’une chapelle n’est pas un acte commun, c’est un chemin de foi
qui nous invite à nous tourner vers Dieu.
Comme le rappelait le père Hervé
pendant la messe ce soir, « cette
chapelle a tous les aspects d’un musée ». L’architecture et les pièces
de mobilier sont mises en valeur pour permettre une découverte culturelle
intense, et les nombreux visiteurs qui fréquentent ce lieu chaque mardi (grâce
au travail de notre consoeur Mady Pallanca et de notre confrère Yann Duvivier)
en témoignent. « Pourtant c’est bien
plus qu’un musée, c’est un lieu vivant où chaque objet a un sens, où chaque
acte liturgique est bien plus qu’une simple tradition… ». La foi donne
du sens à ces murs où nous nous rassemblons. Saint François, avant de fonder la
famille franciscaine, a restauré trois chapelles : Saint-Damien,
Saint-Pierre et N D des Anges. Il ne l’a pas fait pour la beauté des pierres
mais pour servir Dieu, car un lieu de culte doit être avant tout un lieu de
rencontre avec le Seigneur. Et nos assemblées en cette chapelle nous permettent
de refaire nos forces, notre prière commune nous renvoie toujours vers nos
frères (je remercie au passage notre frère Vincent Brault qui a œuvré au nom de
notre confrérie auprès du Fourneau Economique pour distribuer des repas au plus
démunis). Notre foi nous met au service des autres, c’est le cœur de l’engagement
des pénitents.
Pourtant quand je sors de cette
chapelle et que je regarde le monde autour de nous, particulièrement en ce
moment, je vois de la haine à l’encontre de notre foi. J’ai lu dans la presse
ces derniers jours, le récit de cet acte de violence gratuite dans une église parisienne
pendant la messe de Noël : une femme à demi dénudée a perturbé la messe en
singeant un avortement avec un foie de veau ! Ce n’est malheureusement pas
un acte isolé, on sent monter la haine à l’égard de l’Eglise dans notre
société. Et nos dirigeants attisent encore le feu, puisqu’ils affirment avec
véhémence que Dieu ne doit pas sortir de la sphère privée et, au nom de ce
principe, personne ne défend notre liberté de croire et de pratiquer notre
religion en toute quiétude. Certes nous ne sommes pas persécutés comme nos
frères en Egypte, en Irak ou ailleurs dans le monde, mais on sent gonfler un
mépris qui s’exprime en toute impunité dans l’indifférence de la grande
majorité de nos contemporains. Face à cette situation certains sont tentés de
regarder le passé et de dire que « c’était mieux avant ! »… Quel
avant ? Certes aujourd’hui nous appartenons à une société repue qui tente
de mettre Dieu loin d’elle, on exclue Dieu pour légitimer le pouvoir politique
car l’idée même de Dieu est une limite à l’illusoire toute-puissance des hommes.
Mais regardez le temps de notre père saint François, ce n’était pas plus saint !
La société était alors tout aussi repue qu’aujourd’hui et on tentait d’utiliser
Dieu, de le rapprocher de nos minables soucis pour justifier le pouvoir
temporel, car l’idée même de Dieu paraissait utile pour établir l’illusoire
toute-puissance des hommes ! Voilà ce qu’on fait de Dieu… on l’exclue ou
on se l’approprie. Alors face aux manifestations de haine de notre temps il n’y
a qu’à opposer notre seule présence, notre fierté d’être catholiques et d’avoir,
en tant que tels, une place dans cette société ! Nous étions là en 1431,
nous sommes toujours là et, je l’espère, pour encore longtemps. Des mondes sont
passés, des idéologies se sont essoufflées, des valeurs ont fleuri et fané, nous
sommes encore là à tenter de suivre la voie tracée par Jésus Christ. Peu
importent le visage des puissants de ce monde et leurs projets grandiloquents
avec ou sans Dieu, quand ils essaient de le rapprocher pour les servir, il s’échappe.
S’ils cherchent à l’exclure il revient par des voies inattendues. Dieu ne se
prend pas, il ne se renvoie pas non-plus, il demeure. Nous n’avons que deux
choix, lui tourner le dos, refuser de le voir (il nous a créés libres !) et
nous en éloigner ou alors le regarder en face et tenter d’avancer vers lui avec
toutes nos faiblesses… Je vous souhaite, à vous et à tous les vôtres, de mettre
cette année à venir à profit pour regarder Dieu, pour vous mettre en route, pas
à pas, vers ce petit enfant de la crèche qui veut notre bien. Bonne année, paix
et bien sur chacun !
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