mercredi 6 mai 2009

Bref historique de la Société du Saint Sépulcre de Nice



La Société du Saint Sépulcre de Nice a été fondée en février 1431 par dix personnages de rang chevaleresque et avait deux buts initiaux:

· soutenir l’œuvre de la custodie de Terre Sainte dont les Franciscains avaient la charge (d’où le nom de cette société qui fait référence au St Sépulcre de Jérusalem)

· Préparer l’installation d’un couvent de franciscains de l’observance à Nice


En 1461 le couvent Ste Croix des Franciscains est enfin érigé et les pères aménagent la Société du Saint Sépulcre sous la forme d’une confrérie de pénitents d’inspiration et d’idéal franciscain. La couleur bleue du Sac est vraisemblablement choisie en référence au manteau de la Vierge Marie dont la tradition veut qu’il fut bleu. La confrérie, visant l’imitation de François d’Assise, s’est très tôt chargée du soin aux lépreux en plus de son œuvre au profit de la Terre Sainte. A ce titre elle gérait l’hôpital saint Lazare spécialisé dans les soins pour les lépreux.


La première chapelle des pénitents bleus était située dans le couvent des Franciscains, puis au XVI° siècle ils fondent leur propre chapelle sur l’actuelle rue de la préfecture sur un terrain offert à la confrérie par son prieur, le comte Grimaldi de Beuil. En 1584, après avoir un temps assuré la gestion de l’hôpital communal St Eloi, les pénitents bleus créent par privilège ducal l’hospice des pauvres orphelines destiné à recueillir les filles abandonnées.


En 1596 cet hôpital devient un orphelinat pour filles. L’orphelinat est géré par les pénitents bleus jusqu’au XVIII° siècle. A la fin du XVIII° s. la chapelle des bleus est transférée sur la toute nouvelle place Pairolière (devenue place Garibaldi).


La Révolution marque un tournant important puisque l’ensemble des biens et œuvres de la confrérie lui sont enlevés. Seule la chapelle est restituée au moment de la Restauration.


Jusqu’à l’annexion de Nice par la France en 1860 les pénitents bleus jouissaient du privilège, accordé par le roi de Piémont-Sardaigne (prieur honoraire de la confrérie), d’accorder la grâce à un condamné de droit commun une fois par an.


Après 1860 la confrérie continue d’exister mais ses œuvres caritatives décline jusque dans les années 1870 où elle fonde une des toutes premières sociétés de secours mutuels du département qui fonctionnera jusque dans les années 1950.


Puis c’est une lente agonie jusqu’au priorat d’Oreste Galiano qui redonne vigueur à la confrérie dans les années 1990. Aujourd’hui la confrérie est la plus petite de Nice avec 18 membres.

Sébastien RICHARD

Docteur en histoire


Prieur de la Société du St Sépulcre



L'intérieur de la chapelle

Une fois la porte passée le visiteur pénètre dans un vestibule, autrefois orné de peintures murales, qui s’ouvre sur un escalier à double-volée donnant accès à la chapelle au premier étage du bâtiment.

La salle cultuelle de la chapelle reprend le rythme ternaire de la façade.

La première travée, juste derrière les baies vitrées, était une loge municipale jusqu’en 1860. Le banc qui est aujourd’hui celui du prieur et des officiers, est l’ancienne "banca" municipale où siégeaient les consuls de la ville de Nice qui recevaient ici, chaque 15 août, les doléances de la population. Les armoiries de la ville de Nice en bois doré surmontaient ce banc, elles ont été volées il y a quelques années.

Les tableaux qui ornent cette travées représentent des moments de la vie du Christ:
St thomas touchant les plaies du Seigneur, l’Ascension, la pêche miraculeuse, la résurrection… Ces toiles ornaient la précédente chapelle des pénitents bleus qui se trouvait près de l’actuel palais de justice de Nice et avaient été offertes par les prieurs de la confrérie. En effet chaque prieur lorsqu'il prend possession de sa charge doit faire un don à la confrérie, certains optèrent pour des toiles.

Sur les murs latéraux ont été déposés les originaux des éléments lapidaires qui encadrent la porte d’entrée de la chapelle.

La deuxième travée présente deux autels dédiés à St Sébastien et à ND de l’assomption. Ces autels remplacent les deux antiques chapelles de St Sébastien et de ND du Sincaïre détruites pour construire la place au XVIII°s.

Le visiteur peut admirer le groupe processionnel de l’assomption en bois doré du XIX° siècle (classé MH), et la statue de St Sébastien en bois du XV°s. La bannière de la confrérie surmonte cet autel et porte la croix du St Sépulcre de Jérusalem.

La dernière travée correspond au chœur. Le maître-autel enchâsse un gisant articulé (XVII°s) qui servait à revivre le chemin de croix dans le Vieux-Nice lors de la semaine sainte. La statue était placée sur une croix puis détachée et déposée dans un tombeau pour donner à voir avec réalisme la Passion du Christ aux fidèles.

L’autel est surmonté d’un tableau de Louis Van Loo (début XVIII° s.) représentant l’Assomption de la Vierge Marie. A droite une toile de belle facture représentant la Vierge à l’Enfant, à gauche la Sagitation de St Sébastien ces deux tableaux rappellent les deux autels latéraux. On peut aussi admirer dans le choeur une grande croix de procession baroque dont les extrémités en argent ont été confectionnées au début du XIX° siècle dans les ateliers de Turin et qui portent les armoiries de la ville de Nice et le chiffre de la confrérie (SSS).

Les coupoles ont été peintes au XIX° siècle par le peintre Emmanuel Costa, elles représentent la Croix Glorieuse (qui rappelle le couvent Ste Croix où se trouvait la première chapelle des pénitents bleus) et l’Assomption de la Vierge (qui commémore la chapelle ND du Sincaïre).

Dans la sacristie une statue de ND du Mont Carmel entièrement faite avec de la cire, ses vêtements sont en soie cousue d’argent et de fleurs séchées. S’y trouvent aussi divers ornements liturgiques du XIX° siècle et une couronne votive en argent, don des ducs de Savoie à la chapelle au début du XIX° siècle. A la tribune un orgue de Valoncini de 1870, seul orgue à clavier italien demeuré dans son état d’origine à Nice (classé MH).

Sébastien RICHARD
docteur en histoire
prieur de la Société du St Sépulcre

La façade de la chapelle


La façade de la chapelle du St Sépulcre se répartit en trois registres. Au niveau des arcades qui entourent la place Garibaldi la chapelle (qui se trouve au 1er étage) repose sur trois impo
sants piliers en saillie par rapport à l’alignement général. On peut voir sur ces piliers des pierres de taille apparentes qui sont des vestiges de l’ancienne chapelle ND du Sincaïre réemployés dans cet édifice. Au sommet de chaque arcade, au centre, trois boulets de canons qui avaient été tirés par la flotte turque lors du siège de 1543. Ces éléments rappellent que la chapelle du St Sépulcre a été bâtie à cet emplacement en 1783 en remplacement de l'antique sanctuaire Notre Dame du Sincaïre, une chapelle dédiée à la Vierge Marie à qui les Niçois attribuait la résistance héroïque des Niçois face aux Turcs en 1543.

Le second registre présente un balcon de calcaire blanc dont le garde-corps en fer forgé porte en son centre la couronne royale des ducs de Savoie (souverains de Nice jusqu’en 1860 et prieurs d’honneur de la Société du St Sépulcre) surmontant le chiffre de Victor Emmanuel. Ce balcon, en effet, a été réalisé par les souverains dans les années1850 et leur servait de tribune publique lorsqu’ils venaient à Nice.Trois grandes ouvertures sont séparées par des pilastres d’ordre corinthien soutenant le fronton triangulaire qui constitue le troisième registre. Au centre du fronton se trouvait autrefois la dédicace de la chapelle à Notre Dame de l’Assomption (aujourd’hui effacée). De part et d’autre des pots de feu forment un décors de type baroque sur une façade largement inspirée du néo-clacissisme turinois. La croix qui domine le fronton associe le symbole des étoiles qui renvoie à la sainte Vierge, et les palmes du martyr qui rappellent que St Sébastien, protecteur de la cité de Nice, est vénéré dans ce bâtiment.

En arrière plan, le clocher de forme triangulaire spécifique aux lieux de culte des confréries de pénitents.

La porte de la chapelle est encadrée par deux éléments liés à l’histoire de la confrérie et de sa chapelle.
A droite la plaque de consécration de la chapelle ND du Sincaïre qui relate les évènements du siège de 1543 et la vœu formulé par les autorités municipales qui placèrent la cité sous la protection de la Vierge.
A gauche une aumônière de marbre du début du XVI° siècle. Cet objet représente le Christ des Douleurs qui surgit du tombeau. Le tombeau taillé en creux permettait de recevoir les offrandes pour le Saint Sépulcre de Jérusalem en lien avec une des premières missions de la Société du Saint Sépulcre: soutenir financièrement l'oeuvre de la Custodie de Terre Sainte. Cette aumônière se trouvait à l'origine dans la chapelle de la confrérie au sein du couvent de la Ste Croix (des Franciscains de l'Observance). Lorsque les pénitents bleus reçurent la gestion l’hospice St Lazare pour les lépreux (géré par les pénitents bleus jusqu’au XVIII° siècle), cette pièce a été transférée à l'entrée de celui-ci puis elle a suivi la pérégrination de la confrérie dans ses chapelles successives.

Sébastien RICHARD

docteur en histoire

prieur de la Société du St Sépulcre

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OUVERTURE DE LA CHAPELLE AU PUBLIC


POUR VISITER NOTRE CHAPELLE:
La chapelle du St Sépulcre
(place Garibaldi - NICE (06300) - FRANCE)
propriété de la Société du St Sépulcre depuis sa construction en 1782, est accessible au public
Pour les groupes: visites commentées sur réservation au 06 35 32 26 44

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