samedi 1 février 2025

Ouverture des cérémonies d'inauguration: discours de M. le prieur Sébastien RICHARD

Discours prononcé par M. le prieur Sébastien Richard à l'occasion de l'ouverture des cérémonies d'inauguration de la chapelle du Saint-Sépulcre par M. le maire Christian Estrosi le vendredi 17 janvier à 15h30.

Monsieur le maire Christian Estrosi

Monsieur le Directeur de la DRAC Edward de Lumley

Monsieur l’abbé Vincent Bottin

Mesdames et messieurs les élus du Conseil Municipal

Chers confrères pénitents

Mesdames et messieurs


J’ai donc l’honneur 

de déclarer ouvertes 

les cérémonies pour l’inauguration de la chapelle des pénitents bleus de Nice. 


Pendant trois jours 

la chapelle du Saint-Sépulcre est ouverte au public 

pour une grande fête populaire 

qui marque la fin de la campagne de travaux de restauration des intérieurs.


Merci, monsieur le maire, 

de votre présence pour donner en personne 

le coup d’envoi de ces cérémonies 

qui viennent clore un chantier long de cinq années 

pour redonner à la vieille Madone du Sincaïre son lustre d’antan.


Votre présence aujourd’hui signifie que ce lieu 

dont les pénitents bleus ont la garde depuis 1782 

n’est pas un simple lieu de culte, 

c’est une page illustre de notre histoire commune 

à laquelle vous êtes passionnément attaché, 

une page guerrière et une page d’espérance en même temps, 

Des roses dedans mais des boulets de canon devant,

une page en bleu de notre mémoire civique, de notre culture, de notre identité…

Oui, une page bleue, d’un bleu profond, scintillant, éclatant et qui…


Mais stop, m. le maire. Surtout n’allons pas trop vite en couleurs, 

Je ne voudrais pas me faire tancer de nouveau par votre cabinet 

qui m’a bien fait comprendre que ce sont les chiffres qui comptent, 

que les comptes chiffrent et que le bleu doit d’abord apprendre à compter. 


Je retiens la leçon et je range ma palette.

Je fais le bon garçon et je sors ma calculette


Monsieur le maire, 

vous qui avez, comme moi, le cœur en bleu de Nice, 

vous devrez donc attendre pour avoir les mots bleus, 

ces mots que, parait-il, on dit avec les yeux,

que je termine à voix haute mon comptable office.


Donc quelques chiffres sans couleur

Qui mesurent pourtant la taille du labeur,

Et la générosité dont vous êtes l’auteur.


J’ai demandé au trésorier de la confrérie de me préparer le bilan de l’opération :

Bilan comptable du chantier

Coût total 1 392 000

Réparti en 3 tranches

Financeurs : 

DRAC 38%

Département des Alpes-Maritimes 33%

Ville de Nice 16%

Région Provence-Alpes-Cote d’azur 7%

Sanmartin Kulturstiftung 3.5%

Pénitents Blancs de Nice 1%


Donc un immense merci, monsieur le maire, d’avoir porté politiquement le projet de restauration de la chapelle et d’avoir su user de votre influence pour qu’en plus des sommes allouées par la Ville nous obtenions de la Région les financements qui nous faisaient défaut. 


Si j’osais mettre de la couleur dans les comptes, 

(j’ai la calculette éphémère et la palette prompte)

je dirais que vous nous avez donné un chèque en bleu pour que Nice, 

que l’on célèbre ici, demeure la reine de l’azur couronnée de turquoise et de lapis.


Vous voyez le résultat, il est éclatant de bleu 

et c’est pour rendre aux niçois ce monument d’azur 

que vous venez cet après-midi en ce lieu

admirer avec nous cette œuvre de couleur pure.


accompagné de M. le directeur régional des affaires culturelles 

qui découvre cette église que ses services ont choyé pendant cinq années. 


Vous entrez ici, M. de Lumley 

dans la maison d’une vieille institution niçoise, 

une maison bleue accrochée à la colline, 

on y vient à pied, on ne frappe pas, 

et ceux qui vivent là ont toujours la clef.


Ceux qui vivent là, 

ceux qui sont les ombres de ce rêve bleu, c’est merveilleux,

ce sont mes frères et mes sœurs de l’archiconfrérie du Saint-Sépulcre

qui expriment par ma voix leur reconnaissance

et dont je loue le travail acharné et bénévole

qui a permis de faire en sorte que chaque centime d’argent public,

tel le pinceau du doreur, se pose sur cet édifice pour en révéler la splendeur. 


Nous les pénitents bleus de Nice, 

C’est le vent de Dieu qui nous a pris 

et qui nous a mis au service de nos frères, 

cendres sur la tête, 

corde au cou 

et tablier du ciel noué aux reins

avec une chapelle au cœur.

 

Oreste, Lucien, Jean-Paul, Audrey, Colette, Vincent, Christiane 

et tous les autres, chaîne ininterrompue depuis ce matin de février 1431, 

quand Jean Grimaldi de Beuil a juré de faire briller l’esprit de saint François 

au cœur de sa cité natale 

qu’il avait conquise pour l’étendard, 

bleu lui aussi, 

de la Maison de Savoie. 


Ces festivités organisées par les pénitents de la place Garibaldi 

pour leur chapelle restaurée,

seront une pincée de bleu dans l’azur 

car Nice, elle aussi est bleue 

depuis le ciel de la vallée des merveilles jusqu’aux rivages de Terra Amata. 

Les vélos, les chaises, la mer, le ciel, les campagnes et le soleil, 

même les tuiles de la Veille-ville sont bleues. 


La Madone du Sincaïre 

peinte par Emmanuel Costa à la voûte de cette chapelle 

est une Vierge bleue qui protège notre cité d’azur

et l’invite à la fête.


Durant tout le week-end mes confrères et leurs amis

vont éclabousser de bleu la place Garibaldi. 


Dès ce soir la grande cérémonie d’inauguration 

permettra de mettre en avant les mécènes, 

les entreprises, les ouvriers, les institutions 

et les bénévoles qui ont permis cette résurrection. 

A cette occasion M. le maire 

offre à la population un concert de la Garde municipale. 

Un grand merci M. Estrosi parce qu’une église sans sa musique c’est une lumière sans éclat.


Il y a, à ce propos, sur votre bureau, monsieur de Lumley,

Le dossier qui va permettre de tout achever en musique :

L’orgue de Valloncini est la principale pièce de mobilier en attente de restauration

Un instrument modeste mais exceptionnel par sa valeur historique

Le dernier orgue italien de Nice dans son état d’origine.

Nous attendons que la DRAC se saisisse du dossier 

Pour pouvoir trouver les financements 

(M. le Maire je crois que je vais encore solliciter votre aimable attention)

Mais revenons à notre fête :


Demain et après-demain visites, concerts, 

concours d’éloquence sur le thème du patrimoine. 

Vous pouvez demander le programme à mes confrères 

qui tiennent des flyers à votre disposition.


Notre évêque sera là demain soir pour la messe à 18h.


Parce qu’une chapelle n’est pas qu’un lieu de culture

C’est aussi la porte qui conduit au Ciel le plus pur.

Nous bénirons les murs, les colonnes, l’autel,

Et les visiteurs feront aussi un voyage spirituel.


Niçoises, Niçois, venez faites un détour

le bleu de nos cappas, de notre chapelle 

c’est une oblation de passion et d’amour, 

c’est une invitation qui vous appelle,

investissez cette église bleue avec bonheur.


Merci M. le Maire, merci M. le directeur, 

des offrandes que vous avez apportées 

pour que ce grand bleu demeure 

et que nos concitoyens enchantés

puissent y plonger avec bonheur.


Et c’est à Nice que j’adresse mon dernier hommage. Oui Nice, ma Belle Nice, toujours je chanterai que le bleu est à vous plus qu’à nulle autre cité. Vous êtes la Nanoun de Rondelly et la Ninon de Musset et Si je vous le disais pourtant, que je vous aime, Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ? …

Et là, seul devant Dieu, plein d’une joie avare,

J’ouvre, comme un trésor, mon cœur tout plein de vous.


Aloura car amic, cara amiga

Viva la madona dou Sincaire

Viva Nissa. Viva.


Inauguration de la chapelle restaurée: discours de M. le Prieur Sébastien RICHARD

Discours prononcé par M. le prieur Sébastien Richard à l'occasion de la cérémonie officielle  d'inauguration de la chapelle restaurée le vendredi 17 janvier 2025 à 19h30. 

Monsieur le député Eric Ciotti,

Monsieur le député Laurent Castillo,

Madame la vice-présidente du Conseil Départemental, Gaëlle Frontoni,

Monsieur le conseiller régional Pierre-Paul Léonelli,

Mmes et Mm les élus,

M. l'abbé Frederic Sanges,

M. l'abbé Vincent Bottin,

MM. les prieurs des confréries du diocèse de Nice,

Mmes et Mm les représentants de la DRAC, Mme Brigitte Madrino, Mme Sophie Costamagna, M. Luc Thevenon,

Chers confrères, chers amis,

Mesdames et Messieurs,


Fatigués, usés mais profondément heureux et fiers du travail accompli,

Tels sont les mots qui expriment le sentiment des pénitents bleus et de leur prieur ce soir.


Entre le bastion et la porte Pairolière

Je rends grâce à la Madone du Sincaïre 

de nous avoir accompagnés 

et devant sa douce image qui nous domine 

je lui offre et j’offre à ce lieu

ces mots d’Hugo qui montent à ma mémoire :


En te voyant si calme et toute lumineuse,

Les cœurs les plus saignants ne haïssaient plus rien.

Chaste, elle paraissait ne pas être autre chose

Que la forme qui sort des cieux éblouissants ;

Et de tous les rosiers elle semblait la rose,

Et de tous les amours elle semblait l’encens.


Mes chers amis

Bénévoles, pénitents, mécènes, entreprises, ouvriers, services de la DRAC, de la Ville, du Conseil Régional, du Département des Alpes-Maritimes, élus de notre ville… tout cela n’aurait pas été possible sans votre travail et votre soutien.

Alors tout n’est pas complètement achevé

Encore un tableau qui doit revenir

Encore quelques factures à honorer et des points à vérifier

Et l’orgue en attente de décisions

Mais, pour cette année, le travail sera terminé.


Nice et les Niçois retrouvent ce haut-lieu de notre histoire 

tel qu’il n’a plus été vu depuis la fin du XIXème siècle.


Ce chantier pour mes frères en cappa

fut une guerre, une bataille, un combat. 

Avec ses généraux et ses victoires. 

Avec ses ennemis et ses défaites. 

Les moments des peurs abstraites 

et ceux d’immortelle gloire. 


Je retiens des centaines de souvenirs de conflits 

et une litanie de liens de confiance aussi, 

l’amitié et les aides charitables

aussi l’amertume et son fiel, 

je me remémore des secours providentiels 

et des obstacles infranchissables.


Je vous livre une de ces pages. 

J’étais assis là, au bord d’une table en plastique, 

entre les sacs de chaux et les bidons de peinture. 

Pendant des semaines les ouvriers avaient minutieusement décrouté les murs et on nous annonçait un surcoût phénoménal pour avancer la restauration. 

La chapelle était bien plus malade que prévu, je n’avais pas l’argent pour acheter les remèdes. 

Assis au bord d’une table en plastique, 

entre les sacs de chaux et les bisons de peinture. 

Brisant ma solitude et transperçant mon angoisse j’ai entendu la voix de Jérôme Bracq qui me disait : 

« ne vous inquiétez pas M. Richard, on va trouver une solution. Le Département est à vos côtés, on va trouver ». 

Et on a trouvé... et sur la table en plastique on servira le vin d’honneur ce soir.


Quand on est prieur d’une confrérie 

on se doit d’être attentif à tous et à chacun. 

Je ne mesurais pas, avant ce chantier, 

ce que cette formule distille de mise en garde. 

Car le tout à tendance à ruiner le chacun et le chacun est insensé sans le tout. 


Restaurer une chapelle de fond en comble 

c’est mettre l’intérêt du groupe avant le souci de chacun et, 

pendant ces cinq années 

j’ai certainement négligé 

d’apporter à chacun de mes confrères, 

à chacune de mes consœurs, 

l’attention qu’il était en droit d’attendre de moi. 

Je leur en demande humblement pardon.


Je demande aussi pardon pour le temps pris à nos familles

En particulier celui, immense, confisqué aux proches de Lucien et de Jean-Paul.


Mais ce soir, mesdames et messieurs, contemplez cette grâce et voyez,

parce que les pénitents ne sont pas des gardiens de pierres

mais des pierres vivantes, et parce que 

le bleu de cette chapelle n’est lumineux 

que dans la mesure où il est le reflet de notre spiritualité. 

L’art est le plus sûr chemin qui conduit à l’esprit 

et cette nef resplendissante doit demeurer 

le coffret bleu qui contient un patrimoine immatériel séculaire, 

celui de la confrérie des pénitents bleus.


Le bleu de ces voûtes 

c’est le bleu de nos prières, 

et sans aucun doute 

la couleur des frères,

Le saphir de nos espérances,

L’azur de la persévérance

Jamais acquise, à bâtir toujours

Mais qui nous relie jour après jour.


La palette d’Emmanuel Costa 

que l’on redécouvre ce soir sur cette voûte admirable 

c’est, je le crois, le reflet de nos âmes.


C’est en Italie que nos fondateurs ont pris notre spiritualité, 

c’est là qu’ils ont pris notre couleur, 

dans le cœur de François d’Assise. 

Ils l’ont dérobée au pinceau de Cimabue,

 ils l’ont soutirée à la palette de Giotto. 

Recueillant religieusement les pigments de la Renaissance, 

ils ont rapporté ce bleu à Nice pour qu’il s’ajoute au bleu 

et que de ce feu naisse une céleste clarté. 


A Nice tout ce qui est beau, grand ou sacré est bleu.

Oreste était le grand bleu, le bleu pur

Lucien tu es le bleu martial des étendards

Jean-Paul le bleu de travail de l’artisan

Mes frères et sœurs vous êtes le bleu de mon cœur.

Et ce soir le bleu de nos sacs, 

C’est le bleu de notre chapelle 

Celui qui s’écoule du pinceau de Costa

Qui se fond à l’azur éternel du jour niçois, qui se fond

aux ciels de chagall peuplés de coqs, de chêvres et de Christ bras ouverts, 

aux fenêtres de Duffy inondée des vagues de la Méditerranée

au bleu chaste de Matisse ciselant les corps et sculptant la lumière

à l’outremer saturé de Klein où l’art tout entier n’est plus que couleur.


Alors, par cette restauration,

les pénitents du saint-sépulcre 

et tous ceux qui les ont aidé à conduire ce chantier

ont démontré collectivement 

qu’ils sont une petite goutte de bleu qui s’ajoute à la palette de notre belle cité. 

Une goutte certes, 

mais l’équilibre des couleurs ne s’obtient que par gouttes 

et sans celle-ci, Nice ne serait pas Nice.


A tous, et à chacun merci.

Viva la madona dou Sincaire

Viva Nissa. Viva.


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ATTENTION: CHAPELLE FERMEE POUR TRAVAUX


POUR VISITER NOTRE CHAPELLE:
La chapelle du St Sépulcre
(place Garibaldi - NICE (06300) - FRANCE)
propriété de la Société du St Sépulcre depuis sa construction en 1782,
est FERMEE POUR TRAVAUX

AUCUN OFFICE DANS LA CHAPELLE JUSQU'A LA FIN DES TRAVAUX (février 2025). Seules les réunions de la confrérie se tiennent dans les salles annexes de la chapelle.

Pendant la fermeture de la chapelle, les pénitents bleus vous invitent à rejoindre la messe le premier dimanche de chaque mois chez les pénitents blancs de Nice (chapelle Ste Croix)