dimanche 18 janvier 2009

Prière pour la Terre Sainte


Les pénitents bleus de Nice se retrouveront dans leur chapelle

(7, place Garibaldi)


le mardi 20 janvier 2009 à 18h30


pour dire l'office en l'honneur de

St Sébastien Martyr

patron de la confrérie et de la Ville de Nice


L'actualité invite notre confrérie à se souvenir des nobles aspirations de ses origines et à prier plus particulièrement

pour la paix en Terre Sainte

au cours de cet office


Nous vous invitons à y participer ou à vous y unir par l'intention.

lundi 12 janvier 2009

Le rituel de prise d'habit dans les confréries de pénitents


La plupart des villages de la région possèdent encore des chapelles ayant appartenues à des confréries de pénitents. Les pénitents blancs sont les plus répandus. Parfois deux chapelles distinctes semblent opposer les blancs aux noirs dans les bourgs plus importants. Bien sûr la couleur d’un pénitent est celle de son habit, de sa cappa. Cette confrontation entre blancs et noirs a même marqué jusqu’à la toponymie locale puisqu’à Vence, par exemple, les deux promontoires rocheux qui dominent la cité sont appelés « Baou des blancs » et « Baou des noirs », rappelant que ces deux rochers avaient été inféodés chacun à l’une des deux confréries de la ville. Les confréries de pénitents se réduisent à leur couleur (on dit « les blancs » ou « les noirs »), donnant par là lieu à des raccourcis parfois trompeurs.
Avant d’être une couleur, la cappa est un vêtement religieux que tous les pénitents, quelle que soit leur confrérie d’affiliation, revêtent lors d’une cérémonie bien particulière. L’habit du pénitent est appelé « sac » en français, dans le comté de Nice on l’appelle plus volontiers cappa (à Nice), camus ou camisou (dans la montagne). Derrière ces appellations distinctes, on a la même idée d’un vêtement qui recouvre celui qui le porte. Le premier sens de cet habit dans l’ordre du symbole est de venir recouvrir les confrères pour masquer les différences sociales et créer une unité intégrale entre les membres de la confrérie. Le pénitent appartient à une société qui se définit comme idéale, orientée vers une recherche de l’unité et de la fraternité au-delà des différences sociales entre les membres qui s’y agrègent. Dans cet esprit la cérémonie de prise d’habit des pénitents revêt une importance toute particulière, elle oblige à un engagement en conscience auquel le confrère sera lié jusqu’à sa mort.
La première question qui est posée au postulant lors de la cérémonie de prise d’habit est « frère que demandez-vous ? ». Le postulant répond « La miséricorde de Dieu et la paix de cette (archi)confrérie. ». La recherche de la miséricorde divine est la démarche même du pénitent, conscient de son péché mais cherchant à faire le bien dans un élan d’espérance qui mène à Dieu. La profession de la paix a un double sens, d’abord le postulant intègre un groupe que la prière et la charité ancrent dans la recherche de Dieu et cette démarche de paix avec soi et avec le monde doit être acceptée, ensuite le postulant entre dans une famille et comme membre de celle-ci il ne doit pas y apporter la discorde au risque de la détruire.


Souvent inspirées par les Ordres Mendiants, les confréries ont calqué leurs rites de vêture sur les rituels d’agrégation à ces familles religieuses. Parfois des éléments des rituels ont été retranchés, parfois d’autres ont été ajoutés. A la suite du Concile de Trente la diffusion des livres d’offices à l’usage des confréries de pénitents, rédigés et diffusés par le clergé, a contribué à uniformiser la structure des rites des confréries. Dans la pratique chaque confrérie perpétua ses spécificités en amendant les rituels « officiels », les archiconfréries les plus puissantes et les plus riches éditèrent leurs propres rituels pour ne pas être soumises aux choix des évêques ordinaires pour ce qui concerne les livres à utiliser dans leurs chapelles.
Qu’ils soient imposés par les évêques diocésains ou par les archiconfréries, les livres d’offices unifièrent et structurèrent les rituels de prise d’habit. Cette uniformisation se poursuit pour atteindre son apogée au XIX° siècle dans le diocèse de Nice. Les évêques imposent aux confréries l’acquisition de certains livres d’offices, ce livre doit être en possession de chaque confrère sachant lire, les officiers des confréries doivent savoir lire…
De nos jours, malgré une tentative de relecture des rituels anciens par certaines confréries, on peut dire que globalement toutes les cérémonies de prise d’habit sont structurées de façon similaire : après que la confrérie a accepté, selon des modalités extrêmement diverses relevant des dispositions statutaires de chacune d’elles, l’agrégation d’un postulant en son sein, celui-ci est informé de la date à laquelle se tiendra la cérémonie de vêture. En général (mais ce n’est ni obligatoire ni automatique) la cérémonie a lieu au cours d’une messe, souvent le jour de la fête patronale de la confrérie. Si la cérémonie a lieu au cours d’une messe elle se déroule après l’homélie du prêtre, avant la célébration de l’eucharistie. Le postulant qui n’est pas assis parmi les pénitents est invité à s’avancer avec son (ou ses) parrains. Le prieur annonce que la candidature du postulant a été acceptée par l’ensemble des confrères. Le prêtre dit une prière qui introduit la cérémonie de vêture en invoquant l’amour divin sur la confrérie et sur le futur confrère. Le prieur de la confrérie s’avance vers le postulant et lui pose la question rituelle « frère que demandez-vous ? ». Il répond « la miséricorde de Dieu et la paix de cette confrérie ». L’ensemble des confrères dit « que Dieu lui en donne la grâce ». On procède alors à la vêture. Le prêtre bénit les éléments de l’habit, le sac, la corde, éventuellement la croix. Le maître de cérémonie rappelle parfois le sens de ces éléments de la tenue : le sac cache les habits civils, il et est à la couleur de la confrérie et rappelle le caractère transitoire de la vie puisqu’il sera le linceul du pénitent, la corde est un symbole d’obéissance d’humilité et de stabilité. Les parrains aident le nouveau frère à revêtir son habit puis le prieur conclue par l’invocation « revêt l’homme nouveau qui a été créé en Dieu » les frères répondent « selon la justice et la vérité ». On chante le veni creator, chant d’invocation à l’Esprit Saint. Pendant ce chant dans certaines confréries le pénitent est à genoux et on lui remet un cierge allumé au moment où l’on chante « accende lumen sensibus ». Le prêtre conclue le rituel par une prière. Le prieur accompagne le nouveau frère vers les autres pénitents dans le chœur ou sur les bancs réservés à ceux-ci et la messe reprend son cours habituel.
Ainsi, le rituel de prise d’habit dans les confréries de pénitents peut être différent dans ses détails selon le groupe concerné, mais sa structure et son sens restent communs : un postulant dont la candidature a été acceptée par les confrères est présenté publiquement à la confrérie pour être reconnu comme un de ses membres, leur frère et recevoir l’habit qui marque l’égalité et la volonté de servir Dieu sur une voie communautaire librement assumée. L’habit marque aussi fortement l’appartenance à un groupe ainsi on retire l’habit à un pénitent qui manque à son engagement ou qui commet une faute grave, le retrait de l’habit marque la sortie de la confrérie. Souvent l’habit appartient à la confrérie qui le « prête » à chacun de ses membres et, s’il en est reconnu digne, le lui offre le jour de sa mort pour être enterré avec. Ce vêtement simple marque aussi la volonté personnelle de s’engager au service des plus démunis soutenu par les pratiques de dévotion de la confrérie. « L’homme nouveau » que devient le pénitent n’est pas un homme parfait mais un chrétien qui entend cheminer dans l’espérance et la charité en reconnaissant sa petitesse.


Sébastien RICHARD

docteur en histoire

prieur de la Société du St Sépulcre

Qu'est-ce qu'un pénitent bleu?

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